L’économie résidentielle est entrée dans le vocabulaire courant depuis plusieurs années, grâce notamment aux travaux pionniers de Laurent Davezies. Elle fait l’objet, notamment dans les territoires ruraux, de jugements extrêmement tranchés. Pour les uns, il s’agit de l’avenir du monde rural, dès lors que l’agriculture est résiduelle, du moins en termes de population occupée. Pour les autres, il s’agit d’une « fausse économie », qui entretient l’illusion de l’activité, alors qu’elle n’est alimentée que par des revenus venant de l’extérieur, et donc renforce la dépendance du territoire.
L'économie résidentielle est fortement reliée à la présence de services au public sur un territoire, dans l'acceptation qu'en font les différents acteurs travaillant sur cette thématique (voir article Définitions).
Sphère résidentielle : ensemble des activités dont les produits et services sont destinés à être utilisés directement par les résidants permanents ou occasionnels et les actifs du territoire. Ces activités concernent les secteurs suivants : commerce alimentaire et non alimentaire, banques et assurances, hôtels, cafés et restaurants, loisirs et culture, gestion du territoire, santé et action sociale, éducation.
Sphère productive : ensemble des activités de fabrication et de service qui s'inscrivent dans des systèmes de production, des logiques de marchés et de financement qui leur sont propres et qui ont peu à voir avec le territoire sur lequel s'exerce leur activité.
Dans un cercle vertueux idéal, le développement de l'économie résidentielle est producteur de richesse économique local et du maintien de services (de l'école, de la poste..), voire de leur développement (commerces, associations sportives et culturelles, services à domicile, services aux entreprises, innovations sociales et économiques...). L'impact est positif sur l'économie locale qui bénéficie ainsi de l'apport des ressources d'activité ou de transfert (économie résidentielle), et du dynamisme de ces nouvelles populations.
Cependant, ce cercle peut devenir négatif et entrainer des conséquences néfastes pour le milieu que l'on constate paradoxalement dans les lieux les plus « convoités » : spéculation foncière qui empêche l'installation de jeunes actifs, entraine la disparition des terres agricoles, conflits sociaux dus aux différences de mode de vie et d'aspiration, déstructuration de l'économie locale si elle n'est pas capable de capter localement le transfert de richesse de ces nouveaux résidents (ils consomment ailleurs faute de trouver sur place la réponse à leurs besoins), surcharge de fonctionnement pour les collectivités locales pour répondre à ces nouveaux besoins sans avoir les moyens qui vont avec : retrait des aides de l'état et des services publics avec transfert de charges aux collectivités.. ou aux usagers, condamnés à devoir se débrouiller seuls (deux à trois voitures par ménage).
Un déséquilibre dans l'offre d'accueil peut entrainer un développement démographique aux conséquences négatives importantes. Une offre de logements bon marché peut attirer de nombreux cas sociaux sources de déséquilibre si elle n'est pas accompagnée d'une offre d'activité et de services (transport, sociaux) complémentaire. Il y a enfin le cas des territoires qui ne bénéficient pas de l'effet d'entrainement du tourisme sur les migrations résidentielles. L'absence d'un minimum de services de base (commerce, poste, école, crèche, culture, ..) et d'un minimum de vie sociale, rebute de nombreux candidats à l'installation. Certains font le pas de l'installation en saison touristique mais déchantent en saison morte avant de repartir. Cela concerne les territoire ruraux les plus enclavés mais également de nombreuses stations touristiques qui n'offrent des services de base qu'en saison et sont littéralement mortes le reste de l'année.
